Bâtir ou rénover son habitation : bien s’assurer pour un chantier en toute tranquillité
Le salon Batibouw attire chaque année des milliers de visiteurs, confirmant l’appétit des Belges pour l’investissement immobilier. Mais la construction et la rénovation d’un bien immobilier peuvent soulever de nombreuses questions en matière d’assurances, rappelle la fédération des assureurs Assuralia.
5 février 2026

Au cours des six premiers mois de 2025, 20.160 permis de construire et 12.632 permis de rénovation avaient été délivrés en Belgique, selon des chiffres publiés par Statbel.
Avant de se lancer dans un tel chantier souvent coûteux, il est essentiel de prendre le temps de bien se protéger et de prendre contact avec son assureur ou son courtier pour expliquer le projet.
Afin d’aider celles et ceux prêts à construire ou rénover, Assuralia répond à 6 questions pour un chantier en toute tranquillité :
- Suis-je obligé de souscrire une assurance de solde restant dû si je contracte un prêt hypothécaire pour construire ou rénover ?
L’assurance de solde restant dû n’est pas obligatoire en Belgique mais elle est presque toujours imposée par la banque ou l’institution financière lors d’un prêt hypothécaire. Une assurance de solde restant dû rembourse, intégralement ou partiellement, le montant restant dû de l'emprunt à la banque si l’emprunteur décède avant le remboursement complet du crédit.
A la souscription d'une assurance de solde restant dû, l’assureur calcule la prime sur base du risque de décès, estimé via un questionnaire médical et, parfois, un examen médical. En Belgique, l’application du droit à l’oubli permet de protéger les personnes ayant souffert d’une maladie grave lors de la recherche d’une telle assurance.
Il est toujours conseillé de comparer les offres avant de choisir une assurance de solde restant dû, et notamment les garanties complémentaires proposées par les différents assureurs en cas, par exemple, d’incapacité de travail.
Lors d’une rénovation, si le propriétaire du bien emprunte un montant supplémentaire, le montant du crédit en cours augmente et la banque demandera probablement aussi de prendre une assurance de solde restant dû complémentaire. Selon la situation, il est possible soit d’augmenter la couverture de l’assurance de solde restant dû existante, soit de contracter une autre assurance de solde restant dû.
Il est, dans tous les cas, dans l’intérêt de l’emprunteur de couvrir son crédit par une assurance de solde restant dû. Si la couverture n’est pas suffisante en cas de décès prématuré, par exemple parce qu’il n’y a pas eu d’adaptation du contrat, la banque peut s’adresser aux héritiers pour le montant restant à payer.
D’après des données de l’Union professionnelle du crédit (UPC), les institutions financières ont accordé près de 214.000 crédits hypothécaires (pour achat de logement, achat avec transformation, rénovation…) en 2025, pour un montant global de plus de 40 milliards d’euros. Il s’agit d’une hausse de 15% du nombre de crédits octroyés et de près de 30% en montant par rapport à 2024.
- Si je rénove mon habitation et n’y séjourne pas durant les travaux, est-ce que je peux suspendre ou arrêter mon assurance Incendie durant la durée du chantier ?
Il ne faut certainement pas suspendre ou arrêter l’assurance Incendie car le bien immobilier, bien qu’inoccupé, doit rester couvert contre de nombreux risques, comme un incendie, un dégât des eaux, un vol, etc.
Pour ceux qui construisent ou rénovent, il peut cependant aussi être intéressant de contracter en plus une assurance "Tous Risques Chantiers", en abrégé TRC. Sa couverture est en effet bien plus étendue que les seules garanties de l'assurance Incendie. La plupart des assurances incendie n'interviennent, par exemple, pas après l’écroulement d’un mur en construction. L’assurance TRC peut couvrir, selon les contrats, les dommages matériels et le vol au niveau du chantier, les dommages causés à autrui par les travaux, les dommages causés aux biens du propriétaire, …
Certaines entreprises de construction ou les architectes peuvent parfois inclure cette assurance TRC dans leurs prix.
- Faut-il prévenir son assureur lorsque l’on entame des travaux de rénovation et est-ce que cela peut avoir un impact sur mon assurance Incendie ?
Oui, il faut toujours signaler à l’assureur incendie les aménagements apportés à l’habitation.
L’assureur doit en effet connaître la valeur du bien, qui correspond à son coût de reconstruction, pour l’assurer correctement et calculer la prime d’assurance. Or, des travaux de rénovation effectués peuvent bien sûr influencer cette valeur.
Ne pas avertir son assureur entraîne un risque de sous-couverture en cas de sinistre.
- Faut-il assurer les membres d’une famille et les proches qui viennent donner un coup de main pour la construction ou la rénovation d’un bien ?
En cas d’accident sur le chantier, les membres de la famille et les proches ne sont pas couverts par la RC Familiale du propriétaire du bien, sauf si la responsabilité de celui-ci peut être démontrée dans la survenance de l’accident.
Pour être couverts pour ses frais en cas de dommages corporels, la victime pourra compter sur sa mutuelle ou son éventuelle assurance hospitalisation.
Toutefois, les aidants peuvent aussi contracter une assurance individuelle accidents qui prévoit un certain montant pour l'indemnisation des dommages corporels consécutifs à des accidents pouvant survenir dans le cadre de l’aide qu’ils apportent sur le chantier. En outre, cette assurance prévoit en général un capital en cas d'invalidité permanente ou de décès.
Si les aidants sont des proches ou des membres de la famille autres qu’au 1er degré, il convient de spécifier clairement par écrit que leur aide est à titre gratuit. A défaut, ces aidants pourraient, en cas de litige survenant à la suite d'un grave accident, se prévaloir de l'application de la législation sur l'assurance contre les accidents du travail, le propriétaire se voyant alors considéré comme employeur.
- Peut-on utiliser sa pension complémentaire si l’on fait construire ou rénover ?
Il est tout à fait possible d’utiliser sa pension complémentaire pour acquérir, construire ou rénover un bien immobilier. Il existe trois manières de le faire :
- Par le biais d’une avance sur le capital de pension complémentaire ;
- Par le biais d’un emprunt auprès d’un établissement financier avec reconstitution de la totalité du montant emprunté au moyen du capital de l’assurance de groupe au moment de la pension ou du décès ;
- Par le biais d’une mise en gage de la pension complémentaire auprès de l’établissement de crédit.
L’utilisation de la pension complémentaire pour l’achat, la construction ou la rénovation d’un bien est soumise à plusieurs conditions, comme le fait que le règlement de la pension doit prévoir cette possibilité, que le bien doit être situé dans l’Espace économique européen, et qu’il faut être propriétaire du bien.
- Suis-je protégé si je constate des problèmes dans ma nouvelle habitation dus à des lacunes de l’entrepreneur ou de l’architecte ?
Les entrepreneurs, architectes et autres acteurs dans le secteur de la construction sont obligés de disposer d’une couverture RC décennale pour les travaux de construction ou de rénovation d’habitations qui concernent le gros œuvre fermé et qui sont soumis à permis d’urbanisme avec intervention d’un architecte. Cette RC décennale couvre les problèmes de solidité et de stabilité des bâtiments durant une période de 10 ans après la réception des travaux.
Il faut donc toujours vérifier que l’architecte, l’entrepreneur, le corps de métier, … disposent bien de cette couverture de responsabilité décennale avant d’entamer les travaux.
Si un vice de construction apparaît dans les dix années qui suivent la livraison du bien, le client peut réclamer une indemnisation sur base de cette responsabilité décennale. Il devra néanmoins démontrer la faute, le dommage et le lien entre les deux.