Cinq ans après les inondations, les assureurs œuvrent pour davantage de prévention et un cadre légal opérationnel

Le mois prochain, il y aura déjà cinq ans que notre pays a été touché par des inondations dévastatrices. Cette catastrophe sans précédent a donné lieu à près de 74.000 dossiers de sinistre et à une charge de 2,3 milliards d’euros. Assuralia, l’union professionnelle des entreprises d’assurances, salue les discussions constructives avec les autorités, mais souligne à nouveau la nécessité de renforcer la prévention et d’améliorer le cadre légal relatif à la prise en charge de catastrophes climatiques.

Aujourd’hui, 98,3 % des dossiers de sinistre concernant les inondations de juillet 2021 sont entièrement clôturés et indemnisés. 1,2 % des dossiers ont déjà été indemnisés à 80 %, les derniers paiements dépendant de travaux de réparation toujours en cours. 0,5 % des dossiers de sinistre sont encore ouverts, en raison par exemple d'une absence d’accord entre assureur et assuré sur les réparations nécessaires ou les indemnisations.

Nécessité d’un cadre légal adapté

Assuralia regrette que, cinq ans après ces inondations dramatiques, la législation sur l’assurance de catastrophes naturelles n’ait pas encore été adaptée. L’expérience douloureuse de 2021 a démontré qu’un nouveau partenariat public-privé viable entre autorités et assureurs est nécessaire. Des accords clairs entre l’État fédéral, les trois Régions, les assureurs et les réassureurs sont indispensables pour garantir une protection adéquate des citoyens lors d’une prochaine catastrophe climatique. Aujourd’hui, un optimisme prudent se fait jour quant à la possibilité de trouver une solution à cette question.

Hein Lannoy, CEO d’Assuralia : « Partout en Europe et bien au-delà, l’assurabilité des catastrophes climatiques est sous haute tension. L’accord de gouvernement du gouvernement fédéral De Wever prévoit heureusement un partenariat public-privé entre autorités et assureurs auquel on travaille concrètement ces dernières semaines. Trouver un accord réaliste, viable sur l’indemnisation des sinistrés après une catastrophe climatique constitue une priorité tant pour notre secteur que pour le monde politique. Personne ne souhaite que, lors d’une prochaine grande catastrophe, les victimes soient plongées dans l’incertitude quant à une indemnisation complète ou non de leurs dommages. »

Nécessité d’investir davantage dans la prévention

Lorsqu’il s’agit de prévenir ou de limiter des dommages climatiques, comme par exemple ceux causés par des inondations, une politique de prévention forte est également essentielle.

Et Hein Lannoy de poursuivre : « Au cours de ces cinq dernières années, l’attention s’est progressivement portée sur l’adaptation et la prévention ; au niveau européen également, l’accent est davantage mis sur la prévention climatique par le biais du Climate Resilience Framework. Les assureurs sont prêts à jouer un grand rôle, notamment par le biais d’investissements dans de nouvelles infrastructures. Nous attendons maintenant des autorités qu’elles nous donnent l’opportunité d’agir en ce sens. » ​ ​

Les autorités locales jouent elles aussi un rôle crucial. De nombreuses communes et provinces ont déjà pris des mesures pour mieux protéger des quartiers résidentiels situés dans ou à proximité de zones sensibles aux inondations. De nombreuses autres communes peuvent ou doivent encore prendre de telles initiatives.

Afin d’aider les autorités locales à sensibiliser à l'importance d’investir dans la prévention, une délégation d’Assuralia a rencontré au cours de ces derniers mois presque toutes les administrations provinciales. Le Moniteur des dommages climatiques est à chaque fois mis en avant. Cet outil interactif cartographie, commune par commune, les dommages climatiques des dix dernières années. ll fournit des données très détaillées sur les sinistres et les indemnités versées à la suite d’intempéries, de tempêtes et d’inondations.

Les inondations les plus graves de cette dernière décennie sont en effet celles qui ont lieu du 14 au 16 juillet 2021. Les tempêtes sont beaucoup plus fréquentes. La plus importante des dix dernières années a été « Franklin », laquelle a sévi du 16 au 21 février 2022 et entraîné pas moins de 208.213 sinistres, pour un montant total de 573 millions d’euros.

Peter Wiels

Peter Wiels

Press & Communication

 

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