Les accidents sur le chemin du travail liés à la mobilité douce sont en hausse de 9 %

Les assureurs demandent aux employeurs de renforcer la sensibilisation

Le nombre d’accidents sur le chemin du travail liés à la mobilité douce a augmenté de plus de 9 % l’an dernier. C’est ce qui ressort d’une nouvelle étude de la fédération professionnelle Assuralia. Cette tendance à la hausse se poursuit depuis plusieurs années, renforçant à nouveau la nécessité de mesures de prévention et de sensibilisation accrues.

À l’occasion de la Semaine de la mobilité, Assuralia mènera sur les réseaux sociaux une campagne visant à encourager les réflexes de prévention auprès de toutes les personnes qui se rendent régulièrement au travail à vélo, à vélo électrique, en speed pedelec ou en trottinette électrique.

Le ministre de l’Emploi, David Clarinval, souligne également, dans une réaction, l’importance d’une sensibilisation suffisante.

Assuralia a analysé les accidents sur le chemin du travail survenus ces sept dernières années dans le cadre desquels la victime utilisait un mode de mobilité douce : vélo, vélo électrique, speed pedelec, trottinette électrique ou autre (monowheel, etc.).

Chiffres marquants de l’étude d’Assuralia

  • 45 % des accidents sur le chemin du travail sont liés à la mobilité douce (contre 34 % en 2019).
  • 6,1 % des accidents sur le chemin du travail impliquent une trottinette électrique (contre 0,8 % en 2019).
  • 80 % des accidents sur le chemin du travail impliquant une trottinette électrique entraînent une incapacité de travail temporaire.
  • 11 % des accidents sur le chemin du travail impliquant un speed pedelec entraînent une incapacité permanente.
  • Le coût moyen pour l’assureur d’un accident sur le chemin du travail est de 2.715 euros en cas d’incapacité temporaire et de 101.611 euros en cas d’incapacité permanente.

Davantage d’accidents sur le chemin du travail

Sur la base des données de ses membres assureurs accidents du travail, Assuralia estime le nombre d’accidents du travail en 2025 à 119.280, dont 93.770 sur le lieu de travail et 25.510 sur le chemin du travail. Par comparaison avec 2024, le nombre total d’accidents du travail diminue légèrement (122.624 en 2024), mais le nombre d’accidents sur le chemin du travail continue d’augmenter.

Et surtout davantage d’accidents sur le chemin du travail liés à la mobilité douce

En 2024, 10.553 accidents sur le chemin du travail liés à la mobilité douce ont été recensés. L’estimation pour 2025 atteint déjà 11.534 accidents, soit près de mille accidents supplémentaires en un an.

Il s’agit d’une hausse de 9,3 % en un an et de 29 % en six ans.

Le succès des trottinettes électriques suscite des inquiétudes

En chiffres absolus, le nombre d’accidents sur le chemin du travail impliquant des moyens de transport que nous qualifions de « mobilité douce » ne paraît pas si spectaculaire (11.534 en 2025). Selon Assuralia, la popularité croissante de « nouvelles formes de mobilité douce » (trottinettes électriques, vélos électriques et speed pedelecs) engendre cependant une accélération significative des statistiques en matière d’accidents.

Ainsi, le nombre d’accidents sur le chemin du travail impliquant une trottinette électrique est passé de 208 en 2019 à 1.460 en 2025, soit une multiplication par sept. Les accidents sur le chemin du travail impliquant un vélo électrique sont passés de 273 à 626 et ceux impliquant un speed pedelec de 113 à 469.

Si l’on compare les accidents sur le chemin du travail impliquant des modes de mobilité douce en 2024 et en 2025, on constate ce qui suit :

  • Trottinette électrique : de 1 340 à 1 460 = +120 accidents
  • Vélo électrique : de 512 à 626 = +114 accidents
  • Speed pedelec : de 378 à 469 = +91 accidents

Attention : pour être reconnu comme accident sur le chemin du travail, l’accident doit avoir occasionné des blessures et s’être produit sur l’itinéraire habituel entre le domicile et le lieu de travail, à un moment qui coïncide logiquement avec les horaires de travail.

Quand surviennent les accidents sur le chemin du travail liés à la mobilité douce ?

Les assureurs reçoivent la plupart des déclarations durant les mois d’automne et d’hiver, avec un pic en janvier (13,3 % de l’ensemble des accidents sur le chemin du travail liés à la mobilité douce sur une base annuelle). Le mois de juin constitue également un pic relatif (8,8 %) : le beau temps encourage alors la mobilité douce et ce mois compte également davantage de jours ouvrables que, par exemple, le mois de mai.

Sans surprise, il y a moins d’accidents le vendredi (16 %) que les autres jours de la semaine (18 à 21 %). Le vendredi est un jour fréquemment choisi comme jour de télétravail ou comme jour de congé en cas de travail à temps partiel.

Les conséquences légères et lourdes d’un accident sur le chemin du travail (*)

Dans le cadre de la gestion des accidents du travail, l’assureur opère une distinction entre cinq catégories de conséquences entraînées par ces accidents : sans suite (pas d’incapacité et pas de frais), frais médicaux, incapacité temporaire, incapacité permanente et décès.

Les accidents sur le chemin du travail entraînent dans trois quarts des cas une incapacité temporaire. Des différences sont toutefois constatées en fonction du mode de transport utilisé. Un accident sur le chemin du travail impliquant une trottinette électrique entraîne une incapacité temporaire de travail, à savoir un congé de maladie, dans pas moins de 80 % des cas.

En ce qui concerne les accidents très graves, qui entraînent une incapacité permanente, Assuralia constate proportionnellement davantage d’accidents impliquant un speed pedelec (11 %) ou une trottinette électrique (9 %).

Autrement dit, environ 1 victime sur 10 d’un accident sur le chemin du travail impliquant un speed pedelec ou une trottinette électrique en subit les conséquences à vie (un taux d’incapacité permanente).

Quelles lésions les navetteurs subissent-ils ?

Renforcer l’attention pour la sécurité routière chez les travailleurs et les employeurs

Assuralia lance une campagne de sensibilisation via les médias sociaux à destination d’un large public, mais la fédération appelle également tous les employeurs, conseillers en prévention et autres acteurs du domaine de la sécurité et du bien-être au travail à relayer cette campagne ou à proposer régulièrement des conseils de prévention et des ateliers de sensibilisation.

David Clarinval, vice-premier ministre et ministre de l’Emploi, salue l’initiative des assureurs visant à renforcer la sensibilisation :

« La sécurité des travailleurs ne s’arrête pas aux portes de l’entreprise. Le trajet entre le domicile et le lieu de travail fait lui aussi partie de la réalité professionnelle de nombreux travailleurs, et les chiffres présentés par Assuralia montrent que les accidents impliquant les modes de déplacement doux sont en augmentation.En tant que ministre de l’Emploi, je veux rappeler l’importance de la prévention et de la sensibilisation aux risques liés aux déplacements. Les employeurs, les conseillers en prévention et les assureurs ont un rôle important à jouer pour encourager les bons réflexes et contribuer à réduire ces accidents. »

Afin de sensibiliser les employeurs, les assureurs accidents du travail mettent à disposition de leurs clients, à savoir les entreprises, de nombreux outils tels que des fiches d’information, des listes de contrôle, des tests et des quiz. Ils proposent également des formations, une aide à l’élaboration d’un plan de prévention, etc. Les assureurs recommandent par ailleurs une collaboration avec des agences fédérales et régionales telles que VIAS, la VSV (Vlaamse Stichting Verkeerskunde), l’AWSR (Agence wallonne pour la sécurité routière) ainsi qu’avec des organisations de prévention comme Prebes, afin de compléter l’offre.

Un employeur ne peut toutefois pas obliger ses travailleurs à suivre des formations relatives à la sécurité sur le chemin du travail, étant donné que cela relève de la sphère privée. Cette situation diffère de celle de la sécurité sur le lieu de travail, pour laquelle l’employeur est bien responsable.

Hein Lannoy, CEO d’Assuralia, souhaite sensibiliser le plus grand nombre possible d’employeurs à la thématique de la sécurité sur le chemin du travail :

« Les accidents sur le chemin du travail liés à la mobilité douce poursuivent leur courbe ascendante. Sensibiliser régulièrement les collaborateurs qui se rendent au travail à vélo ou en trottinette devient progressivement une nécessité pour tous les employeurs. Au-delà de la souffrance humaine qu’un accident peut engendrer et que chacun souhaite épargner à ses collaborateurs, c’est également la continuité des activités de l’entreprise qui peut être compromise. Si les assureurs mais aussi l’ensemble des employeurs partagent régulièrement des conseils de prévention et si les travailleurs les appliquent davantage au quotidien, tout le monde sera gagnant. »

La campagne de sensibilisation d’Assuralia visant à prévenir les accidents sur le chemin du travail se déroulera durant la Semaine de la Mobilité. Plusieurs entreprises d’assurances relaieront également la campagne, afin d’impliquer un maximum de personnes, consommateurs, travailleurs et entrepreneurs. Le matériel de la campagne sera également mis à la disposition de toutes les organisations d’employeurs et de travailleurs afin qu’elles contribuent à sa diffusion.

En sécurité sur la route : 10 conseils de base en matière de prévention

Dans le cadre de la campagne, Assuralia diffusera des images de navetteurs faisant usage de la mobilité douce afin d’illustrer des comportements sûrs sur la route, comme le port d’un casque, la visibilité, un comportement prudent et une attitude vigilante dans la circulation.

Dix conseils de prévention pour les personnes qui se déplacent à vélo, à vélo électrique, en speed pedelec ou en trottinette électrique :

  • Recherchez l’itinéraire le plus sûr
  • Optez pour un itinéraire sans embûches
  • Vérifiez le bon état de votre deux-roues
  • Portez des vêtements bien visibles
  • Veillez à disposer d’un bon éclairage
  • Portez un casque
  • Respectez le code de la route
  • Restez vigilant sur la route
  • Ne vous laissez pas distraire
  • Arrêtez-vous pour téléphoner ou envoyer des messages

Conseils de l’institut Vias

Conseils de l’Agence wallonne pour la sécurité routière

Sensibilisation de la Vlaamse Stichting Verkeerskunde

Prebes

(*) Note : tous les chiffres relatifs à l’année 2025, ainsi qu’aux années précédentes, sont des chiffres provisoires et non définitifs. Il faut souvent un certain temps avant que les conséquences d’un accident pour une victime puissent être établies de manière définitive. Pour les nombreuses victimes en incapacité de travail en raison de lésions graves, il n’est pas possible d’établir rapidement si elles souffriront d’une incapacité temporaire ou permanente.

Barbara Van Speybroeck

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Communication Director
Peter Wiels

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Press & Communication
Nathalie Pierard

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